24 avril 2017

Lorsque j’anime des ateliers auprès de parents, plusieurs me disent avoir tout essayé pour que leurs enfants mangent leur repas principal : récompenser, punir, argumenter, insister, exiger un nombre de bouchées… En plus d’être découragés, ils sont souvent inquiets de la quantité d’aliments consommés par leur enfant.

Rappelons-nous que les enfants naissent avec une personnalité bien à eux, mais aussi avec certains goûts et aversions. Cela évolue au fil des années, mais il reste que certains enfants sont plus ouverts aux nouveaux aliments que d’autres. Malgré leur unicité, tous les enfants sont en apprentissage pour découvrir les aliments et souhaitent se sentir compétents et développer leur autonomie au niveau de leur alimentation. Certains auront besoin de plus d’accompagnement que d’autres. En tant que parents, notre propre éducation alimentaire, nos expériences et nos valeurs par rapport à l’alimentation peuvent aussi nous rendre la tâche plus difficile.

Afin de savoir si vos attitudes en tant que parent vous permettent de bien guider votre enfant dans sa découverte des aliments, je vous invite à répondre à ces quelques questions :


Insistez-vous pour que votre enfant mange ou goûte?

Dans le mot « insister » j’inclus aussi : argumenter, récompenser, faire du chantage, négocier... Par exemple : une bouchée pour grand-maman; deux autres bouchées et tu auras ton dessert; si tu ne goûtes pas, pas de télévision ce soir! Lorsqu’on s’inquiète de la quantité d’aliments consommés par son enfant, il est normal d’essayer par tous les moyens de le convaincre de manger. Par contre, il faut retenir que cela est contre-productif. L’enfant interprète alors que le fait de manger certains aliments est une corvée, que ce n’est pas agréable et que ça demande un effort. Sa relation face à ces aliments risque de devenir plutôt négative. Par exemple, un enfant qui doit manger cinq bouchées de légumes pour avoir son dessert risque de ne pas avoir envie de cuisiner ces aliments lorsqu’il sera adulte.

Compensez-vous par autre chose lorsque votre enfant mange peu?

Souvent, lorsque leur enfant mange moins au souper, ses parents lui donnent une double portion de yogourt au dessert ou lui offrent une plus grosse collation dans le but qu’il comble ses besoins en énergie. D’autres vont même aller jusqu’à cuisiner un autre repas que celui servi à toute la famille spécialement pour leur enfant plus difficile. L’enfant comprend assez rapidement qu’il n’a aucun avantage à manger le plat principal puisque, de toute façon, il aura quelque chose qu’il aime par la suite. Bien que rassurante pour les parents, cette façon de faire ne fait qu’entretenir un cercle vicieux.

 

Offrez-vous une porte de sortie à chaque repas?

Les enfants plus difficiles peuvent être stressés devant un repas dont ils ne reconnaissent aucun aliment qu’ils apprécient. Dans ce cas, il peut être utile pour vous de lui prévoir un aliment « porte de sortie » à chaque repas. Votre enfant rechigne devant le poisson et le brocoli, mais vous savez qu’il aime les pommes de terre pilées? Offrez-lui ces trois aliments dans le même repas. Il sera rassurant pour votre enfant de savoir qu’il y a toujours au moins un aliment dans l’assiette qu’il apprécie chaque fois.

 

Placez-vous le dessert sur un piédestal?

Avez-vous remarqué que les enfants sont attirés vers les interdits ou les restrictions? Par exemple, si on présente le dessert à son enfant comme une récompense pour avoir mangé cinq bouchées ou encore qu’on lui rappelle constamment que ce type de plat est moins nutritif, plus sucré et qu’il ne doit pas trop en manger, il risque de développer une attirance exagérée vers le dessert. La meilleure stratégie est de le présenter comme une composante du repas : peu importe ce que l’enfant a mangé, il a droit à sa portion de dessert.

Prenez un peu de temps pour réfléchir et mettre en application ces quelques conseils, et restez à l’affût! Dans la deuxième partie de ce billet de blogue, je vous donne d'autres stratégies afin d’accompagner votre enfant dans la découverte et l’appréciation des aliments. Si vous êtes inquiet par rapport à l’alimentation, au poids ou à la croissance de votre enfant, je vous invite à consulter un médecin ou une nutritionniste spécialisée en petite enfance.

   

Et vous, quels sont vos trucs pour amener votre enfant
à manger une plus grande variété d'aliments?

 

Référence : Your child’s weight : helping without harming, Ellyn Satter, 2005.


À PROPOS DE L'AUTEUR

Caroline Trudeau
Caroline Trudeau
Nutritionniste et formatrice pour ÉquiLibre

Ses expériences professionnelles en santé publique ainsi qu'en intervention individuelle et de groupe font de Caroline une professionnelle chevronnée qui vous guidera vers le développement d'une relation saine avec la nourriture. Elle pratique actuellement à la Clinique Rosemont auprès d'adultes et d'enfants ayant des comportements alimentaires difficiles ou problématiques en lien avec le poids ou l'image corporelle. 

Authentique et bienveillante, elle vous aidera à faire confiance aux signaux que votre corps vous envoie et à découvrir le plaisir de manger sans restriction ni culpabilité. Jeune maman persuadée de l'importance que les enfants développent une relation positive avec la nourriture, elle vous proposera des pistes de solution pour que vos repas en famille soient agréables et savoureux. Elle abordera aussi différents sujets en lien avec les comportements alimentaires et la préoccupation excessive à l'égard du poids et de l'apparence.

« Au-delà du contenu de votre assiette, c'est la relation que vous entretenez avec la nourriture qui m'intéresse! Je vous accompagne pour que cette relation soit saine, positive et plaisante. »
www.cliniquerosemont.ca/caroline-trudeau-nutritionniste-dietetiste

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